Surmonter les violences sexuelles
C’était il y a des années. Et pourtant, le souvenir est resté intact.
Peut-être parce qu’elle fut ma première patiente victime d’agression sexuelle.
Peut-être aussi parce que je l’avais connue adolescente.
Je me souviens encore de l’appel de sa mère. De sa voix brisée. De ses pleurs.
Elle me demandait un rendez-vous pour sa fille, devenue jeune adulte. Victime d’une agression sexuelle, sa vie s’était arrêtée net.
Et pourtant…
Malgré la violence innommable subie, cette jeune femme — comme tant d’autres patientes et patients — portait encore en elle une force de Vie que la violence n’avait pas réussi à faire taire.
Lentement, au fil de nos rencontres, elle a commencé à réapprendre à vivre. À retrouver des appuis. A laisser malgré tout, la Vie reprendre sa place.
Elle m’avait d’ailleurs autorisée à évoquer son histoire dans mon livre – chapitre II « Le regard figé ».
Quand le corps et l’esprit portent la trace de l’indicible
Les violences sexuelles constituent l’une des principales causes de psychotraumatisme, et peuvent impacter durablement la vie des personnes concernées. Au-delà de l’événement lui-même, ce sont ses répercussions psychologiques, émotionnelles et corporelles qui rendent le processus de reconstruction particulièrement complexe.
Les traces sont profondes et souvent invisibles : honte, culpabilité, troubles de stress post-traumatique, anxiété, dissociation, troubles du sommeil, perte de l’estime de soi.
À cela s’ajoutent la peur de ne pas être cru(e), la difficulté – parfois l’impossibilité – de mettre des mots sur ce qui a été vécu.
Quand le langage fait défaut, la souffrance reste enfermée, et le chemin de la reconstruction se complique. Cette réalité rend l’accompagnement thérapeutique à la fois essentiel et exigeant.
Une reconstruction entravée par le traumatisme
Le traumatisme lié aux violences sexuelles agit comme une rupture brutale du sentiment de sécurité. Submergé, le cerveau peut rester bloqué en mode survie, empêchant le souvenir de s’intégrer, et laissant persister des symptômes intrusifs comme les flashbacks, l’hypervigilance ou des réactions de stress difficiles à contrôler.
Si les approches thérapeutiques basées sur la parole sont essentielles, elles ne suffisent pas toujours à apaiser les dimensions les plus profondes du traumatisme. Elles peuvent même se révéler insuffisantes voire déstabilisantes lorsque le traumatisme n’a pas été préalablement régulé sur le plan émotionnel.
La place de l’hypnose : apaiser avant de dire
L’un des avantages majeurs de l’hypnose thérapeutique est de permettre un travail sur les émotions, sans exiger dans un premier temps la verbalisation des faits. Lorsque l’impact émotionnel s’apaise, les mots peuvent alors émerger.
L’hypnose agit là où le traumatisme s’est inscrit. Elle aide notamment à diminuer la charge émotionnelle des souvenirs traumatiques, à apaiser les réactions de stress, à restaurer un sentiment de sécurité intérieure, d’estime de soi et à améliorer le sommeil.
Il ne s’agit pas d’effacer le passé, mais de permettre à la personne de ne plus le revivre continuellement dans le présent. En redonnant accès à des ressources internes souvent mises à mal par la violence, l’hypnose est une aide précieuse sur le chemin de la reconstruction.
Avancer accompagné(e) encore un temps
Il m’arrivait souvent, lorsque le travail en hypnose touchait à sa fin, d’entendre une question posée avec pudeur : « Et maintenant… je vais seul(e) ? »
Cette question exprimait le besoin de ne pas être laissé(e) sans soutien trop vite, alors que la Vie revenait — encore fragile. Parfois, je vous orientais vers des psychologues ou des psychiatres, mais c’était rarement l’accompagnement recherché.
C’est notamment pour accompagner ce moment si délicat qu’est née ma collaboration avec Sylvie Galimard, coach professionnelle certifiée RNCP, spécialisée dans l’accompagnement des victimes de violences sexuelles et ancienne enquêtrice à la Police Judiciaire. Nos approches se complètent naturellement.
Selon les besoins, elle saura vous proposer un accompagnement régulier en parallèle du travail en hypnose, ou en prendre le relais pour soutenir vos premiers pas dans cette Vie retrouvée, encore hésitante mais bien vivante !
Valérie Maillet
Hypnothérapeute
Sur rdv au +33 6 85 55 49 51
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